Réseau Quetelet

Enquête : L'enquête nationale sur les violences envers les Femmes en France

Producteur

  • IDUP - Institut de démographie de l'Université Paris 1

Financement

  • Secrétariat d'Etat aux Droits des Femmes
  • ANRS - Agence nationale de recherche sur le sida
  • CNAF - Caisse nationale d'allocations familiales
  • FAS - Fond d'action sociale pour les travailleurs immigrés et leur famille
  • IHESI - Institut des hautes études de la sécurité intérieure
  • OFDT - Observatoire français des drogues et toxicomanies
  • Conseil régional d'Ile-de-France
  • Conseil régional PACA
  • Mission de recherche Droit et Justice

Diffuseur

  • INED - Institut national d'études démographiques

Résumé

La plate-forme d'action de Pékin adoptée le 15 septembre 1995, à l'issue de la 4ème Conférence mondiale sur les femmes, a invité les gouvernements à mener des actions pour prévenir et éliminer les violences envers les femmes. La demande de « statistiques précises concernant les violences faites aux femmes » apparaît dans le rapport pour la 4ème conférence mondiale des femmes Les femmes en France1 , qui concluait par la recommandation d'une action intégrée de lutte contre la violence faite aux femmes. A cette époque, on disposait, en France, uniquement des statistiques portant sur les violences déclarées du fait de démarches de femmes auprès des institutions : celles publiées par les Ministères de l’Intérieur et de la Défense réalisées à partir des constats d’infractions relevées par la police et la gendarmerie, celles du Ministère de la Justice portant sur les auteurs de crimes et délits. Par ailleurs, les associations d'aide aux personnes victimes de violences (la Fédération nationale Solidarité Femmes, le Collectif féministe contre le viol, l'Association contre les violences faites aux femmes au travail) établissaient un travail de recension des données concernant les personnes qui s’adressaient à elles et publiaient des statistiques et études sur leurs activités. A partir des travaux de ces associations, on connaissait assez bien les situations de violences vécues par les femmes qui s’adressaient aux services d’écoute, d’aide, d’accueil ou d’hébergement. En revanche, on ignorait presque tout de la situation de l’ensemble des femmes.
Dans ce contexte, une enquête portant sur la population générale s'avérait indispensable pour prendre la mesure du phénomène. Ce d’autant plus, que le débat sur les violences envers les femmes se nourrissait de nombreux préjugés et que des chiffres non validés circulaient. L’enquête Enveff commanditée en 1997 par le service des Droits des femmes est une des réponses de l’État français aux recommandations de la conférence de Pékin. Elle a été coordonnée par l'Institut de démographie de l'université Paris I (Idup), et réalisée, sous la responsabilité de Maryse Jaspard, par une équipe pluridisciplinaire de chercheurs appartenant aux institutions publiques de recherche (CNRS, Ined, Inserm, Université). C'est la première enquête nationale sur ce thème programmée en France. Après avoir été examinée par le Conseil national de l'information statistique (Cnis) et reconnue comme enquête d’intérêt général cette enquête a été publiée, en janvier 2000, au Journal Officiel comme faisant partie du programme des grandes enquêtes des services publics.
Objectifs de l’enquête L’objectif prioritaire de l’enquête Enveff était la production de statistiques portant sur l'ensemble de la population. En outre il s’agissait de :
- mesurer la fréquence sur douze mois des violences interpersonnelles, verbales, psychologiques, physiques et sexuelles subies par les femmes d’âge adulte dans leurs différents cadres de vie : espaces publics, vie professionnelle, vie de couple, relations avec la famille ou les proches, ce quel que soit l’auteur des violences
- mesurer la fréquence des violences physiques subies par les femmes depuis l’âge de 18 ans et celle des violences sexuelles subies pendant toute la vie, - analyser le contexte familial, social, culturel et économique des situations de violences,
- étudier les réactions des femmes aux violences subies et leurs recours auprès de leur entourage et des services institutionnels,
- analyser les conséquences de la violence sur la santé physique et mentale, la vie familiale et sociale, l’usage de l’espace.

Dates de collecte

  • - début : 03/03/2000
  • - fin : 17/07/2000

Pays

France

Couverture géographique

France métropolitaine

Unité d'analyse

Individus.

Univers

Femmes âgées de 20 à 59 ans et résidant, hors institution, en métropole.

Méthode d'échantillonnage

Un échantillon aléatoire des abonnés du téléphone (95% des ménages en France) a été obtenu auprès de France Télécom. Pour prendre en compte l’ensemble des ménages abonnés au téléphone, y compris ceux sur liste rouge, le fichier utilisé est une déclinaison du fichier précédent. Cet échantillon aléatoire, représentatif de l’ensemble des ménages vivant hors institution, a été stratifié selon trois régions : Île-de-France, PACA et autres régions, en partie pour tenir compte du taux différentiel - selon les régions - des abonnés au téléphone sur liste rouge.
Les ménages éligibles sont ceux comprenant au moins une femme âgée de 20 à 59 ans et parlant assez couramment le français. Si le ménage comprenait plusieurs femmes répondant aux critères de sélection, la femme interrogée était celle dont l'anniversaire à venir était le plus proche de la date de l'enquête.
L'annuaire inversé a été utilisé pour disposer des noms et adresses des ménages tirés (hors liste rouge). Une lettre annonce - qui ne dévoilait pas le sujet - a été envoyée aux ménages hors liste rouge. Pour les ménages sur liste rouge, une prise de contact particulière était prévue afin d’expliquer à l’enquêtée la méthode aléatoire et les mesures prises pour assurer l’anonymat des réponses recueillies ; il était proposé l’envoi de la lettre annonce si la personne le souhaitait. Chaque numéro de téléphone était composé automatiquement, 15 fois si nécessaire. Les procédures d’appel des enquêtées et la gestion des fichiers de numéros de téléphone assurent le respect de l’anonymat total et la sécurité des personnes interrogées. Pour prévenir d’éventuels risques pour les répondantes, un protocole comprenant de nombreuses précautions a été mis en place.

Nombre d'observations

6970

Méthode de collecte

CATI (Collecte assistée par téléphone et informatique)