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Enquête : Les structures de l'opinion (1978)

Série

Les structures de l\'opinion publique (1977-2005)

Producteurs

  • Jean-Pierre Pagès
  • Démosthène Agrafiotis
  • Jean Favre
  • Georges Morlat

Financement

  • EDF/DER - Electricité de France
  • CEA/IPSN/LSEES - Commissariat à l'Energie Atomique

Diffuseur

  • CDSP - Centre de Données Socio-Politiques

Résumé

Le Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA/IPSN/LSEES) et Électricité de France (EDF/DER) ont développé de concert, dans les années 1975, une recherche sur les ressorts du débat nucléaire. Elle a conduit à la mise en place en 1977 d'un système très particulier d'enquêtes et à la création de l'association Agoramétrie (Jean-Pierre Pagès et Karl Van Meter). Les 29 enquêtes nationales réalisées entre 1977 et 2005, dans le même esprit et en respectant les mêmes procédures, ont permis de constater que le débat public, sur l'ensemble des thèmes qui font controverse au niveau national, s'organise toujours, quelle que soit l'époque, autour des mêmes structures.

Trois périodes doivent être distinguées dans la recherche menée au nom d'Agoramétrie :

- 1974-1976 : la période « Héroïque ». Des petites enquêtes par entretien et par sondage sur l'opinion et le nucléaire ont été menées par le Laboratoire de Statistiques et d'Etudes Economiques et Sociales (CEA/IPSN/LSEES) en relation avec l'Institut de Statistique des Universités de Paris (ISUP) et l'Université de Grenoble. Ce sont ces enquêtes préliminaires, dont les données ne sont pas disponibles, qui sont à l'origine de la création d'Agoramétrie et de la mise en place de son système d'enquêtes. Il était apparu que le nucléaire était, au niveau des opinions, loin d'être une énergie comme les autres. Étant l'objet d'une controverse politico-médiatique, il devait être analysé par comparaison, non pas avec les autres énergies, mais avec les autres controverses qui agitaient au même moment l'espace public. Au delà des opinions sur le nucléaire et de leur évolution, la compréhension du débat public autour de tout ce qui fait controverse a donc été retenue comme principal objectif de la recherche à Agoramétrie. Inspirée des travaux de Gabrielle Tarde et de Pierre Bourdieu, l'approche du débat public alors empruntée peut être qualifiée de « structuralo-constructiviste ».

- 1977-1991: la période "Structures de l'opinion publique". Les 13 enquêtes annuelles qui ont été réalisées (les données recueillies lors de la petite enquête de juin 1981 ont été perdues) portent en priorité sur le débat public autour de l'ensemble de toutes les controverses politico-médiatiques. Il s'agit d'en étudier les structures. Le nombre d'entretiens, d'une durée moyenne d'une demi-heure, varie entre 1 000 à 2 000 environ d'une enquête à l'autre. Ce sont les structures dégagées en mars 1981 qui ont servi par la suite à Agoramétrie de « structures de référence » : pour se « recaler » sur ces structures, la « méthode de la greffe » a été mise au point.

- 1992-2005: la période "Baromètre nucléaire". Suite aux bons résultats obtenus entre 1977 et 1991, une place beaucoup plus grande a été réservée aux opinions sur le nucléaire dans les questionnaires des 16 enquêtes qui ont été réalisées entre mars 1992 et décembre 2005. Il faut distinguer ici deux types d'enquêtes : 1. Les enquêtes « approfondies » (enquêtes « point zéro » ou « de recalage ») qui permettent de replacer toute controverse, dont le nucléaire, dans les structures extraites précédemment. Faites environ tous les cinq ans, elles reposent sur 2 000 entretiens environ, d'une durée moyenne de une heure. 2. Les enquêtes légères ou « de suivi » qui comptent deux fois moins d'entretiens, de durée moyenne deux fois moindre.

Si les questionnaires évoluent d'une enquête à l'autre, des précautions sont prises pour éviter autant qu'il est possible les « effets de halo ».

L'enquête « Les structures de l'opinion 1977 » est la première enquête du dispositif (hors enquêtes préliminaires). Elle prend en compte 56 controverses politico-médiatiques, 24 arguments nucléaires et 21 propositions sur l'image des services publiques. Le sondage est réalisé par la SECED qui a la responsabilité des interviews (1000 interviews réalisées).

Dates de collecte

  • - début : 01/11/1978
  • - fin : 30/11/1978

Pays

France

Couverture géographique

France métropolitaine

Unité d'analyse

Individu

Univers

Population résidant en France métropolitaine

Méthode d'échantillonnage

L'enquête Structures de l'opinion 1978 a été réalisée auprès d'un échantillon représentatif de la population française adulte en respectant la méthode des quotas.

Pour l'échantillonnage, deux stratifications sont respectées :

La région : Ile de France
Bassin parisien
Nord
Est
Ouest
Sud-Ouest
Centre-Est
Méditerranée

L'habitat : Moins de 2 000 habitants
2 000 à 20 000 habitants
20 000 à 100 000 habitants
Agglomération parisienne

Trois quotas sont également respectés:

Le sexe : Homme
Femme

L'âge : 18 à 24 ans
25 à 34 ans
35 à 49 ans
50 à 64 ans
65 ans et plus

Les catégories socio-professionnelles: Agriculteur-exploitant
Artisan, commerçant, chef d'entreprise
Cadre, profession intellectuelle supérieure
Profession intermédiaire
Employé
Ouvrier
Retraité
Autres sans activité professionnelle

Nombre d'observations

1064

Méthode de collecte

L'institut de sondage chargé de la collecte des données (SECED) dispose d'enquêtrices professionnelles qui visitent les interviewés à leur domicile. L'interview dure environ trente minutes, la procédure est différente selon que les questions posées concernent la signalétique (variables démographiques ou socio-culturelles) ou les opinions. Alors que l'interviewé répond de vive voix en ce qui concerne la signalétique, il est placé dans une situation analogue à un vote pour les questions d'opinion : sa réponse s'effectue en suivant les modalités d'une échelle d'accord en cinq paliers. Des "cartons" de différentes couleurs, où sont inscrites des propositions sont présentés à l'interviewé qui les introduit dans une urne à cinq entrées. C'est ainsi qu'il donne sa réponse, chacune des entrées de cette urne correspondant à une modalité de réponse. Cette méthode permet de minimiser et d'uniformiser un éventuel effet enquêteur.

Les libellés retenus pour les modalités de l'échelle d'accord en cinq paliers sont les suivants:
1. Pas du tout d'accord
2. Pas tellement d'accord
3. Peut-être d'accord
4. Bien d'accord
5. Entièrement d'accord
(6) Refus de répondre

Si l'interviewé ne comprend pas la réponse ou qu'il refuse de répondre, le carton sur lequel est inscrit la proposition est placé à côté de l'urne.