Réseau Quetelet

Enquête : Enquête Presse Gaie 1995

Série

Presse Gaie

Producteurs

Financement

  • ANRS - Agence nationale de recherche sur le sida
  • DGS - Ministère des affaires sociales et de l’emploi, Direction générale de la santé

Diffuseur

  • CDSP - Centre de données socio-politiques

Résumé

En 1985, Michael Pollak initie un programme de recherche sur les bisexuels et homosexuels face au sida. A l'époque, ceux-ci représentent la moitié des cas de sida enregistrés en France, d'où l'intérêt de collecter des informations sur leurs modes de vie en vue d'élaborer des actions de prévention qui leur soient spécifiques. A partir de 1992, suite au décès de Michael Pollack, c'est son assistante, Marie-Ange Schiltz, qui est responsable de l'enquête.

Il est important de noter qu'un groupe social minoritaire est toujours difficile à étudier, car l'on se heurte généralement à des problèmes de représentation et de taille de l'échantillon. Les homosexuels forment à l'époque un groupe social minoritaire et stigmatisé, pour lequel les critères d'appartenance ne sont pas visibles. Ces difficultés expliquent le choix de l'enquête répétée, diffusée par voie de presse, qui permet de recruter rapidement et à peu de frais un grand nombre de répondants. Cette recherche se consacre à l'étude de deux problèmes distincts, mais intimement liés, à savoir la gestion de l'identité sexuelle, socialement réprouvée, et l'inquiétude liée au risque de santé qui est renforcée par l'impuissance médicale. En effet, à l'époque, à la perception d'une déviance liée à l'orientation sexuelle était venue s'ajouter l'expérience de la séropositivité et la stigmatisation qui pouvait lui être liée. Afin de concevoir et d'évaluer une politique de prévention adaptée aux bi- et homosexuels masculins il fallait nécessairement connaître les pratiques sexuelles et les représentations sociales de cette population.

Les enquêtes Gai Pied Hebdo, puis les enquêtes Presse Gaie forment la pièce centrale de ce programme de recherche. Ces enquêtes permettent d'étudier, au-delà de la diversité des modes de vie et des réactions face au sida, la pratique du «safer sex», l'acceptation sociale de l'homosexualité, la perception des campagnes pour lutter contre le sida ou encore le niveau de tolérance des hétérosexuels vis-à-vis des homosexuels.

Les enquêtes Gai Pied Hebdo, puis les enquêtes Presse Gaie forment la pièce centrale de ce programme de recherche. L'enquête 1995, reprend les thèmes abordés dans les enquêtes précédentes : la diversité des modes de vie homo- et bisexuels, ainsi que le niveau de tolérance des hétérosexuels vis-à-vis des homosexuels. A cela s'ajoute la problématique de la rationalisation des comportements sexuels visant à réduire le risque de contamination par le virus du sida. L'enquête cherche également à analyser la diffusion du «safer sex» parmi les homosexuels.

Dates de collecte

  • - début : 09/1995
  • - fin : 11/1995

Pays

France

Couverture géographique

France

Unité d'analyse

Individus : homo- et bisexuels en France

Univers

Lecteurs des revues Killer, All Man, Gay Video, Honcho, Idol, Lettres Gay, Querel, Têtu

Méthode d'échantillonnage

Vouloir étudier avec précision les modes de vie d'une minorité définie par ses pratiques sexuelles se heurte à des obstacles de représentativité et de taille d'échantillons. C'est pour cela que les chercheurs ont fait le choix de passer le questionnaire par voie de presse, et notamment dans la revue homosexuelle française Gai Pied Hebdo qui, avec une vente hebdomadaire de 20 000 à 30 000 exemplaires, joignait le mieux les homosexuels provinciaux et ceux qui restait « cachés ». Cette procédure avait également l'avantage de permettre le recrutement rapide d'un grand nombre de répondants. En octobre 1992, la disparition de la revue met en péril ce système d'observation. Il en résulte un changement de support presse : le questionnaire est alors diffusé à travers un panel élargi de revues gaies. Celui-ci a ainsi été diffusé régulièrement depuis 1985.

Pour étudier à intervalles réguliers le changement sociosexuel, l'interprétation de données ainsi recueillies devait tenir compte du biais de recrutement parmi les lecteurs d'une revue spécialisée. Plus particulièrement, une telle procédure d'enquête ne permettait pas l'établissement de fréquences et de moyennes représentatives de toute la population homo- et bisexuelle masculine. Par contre, grâce au grand nombre de répondants - 1000 en 1985, 2600 en 1986, 2000 en 1987, 1700 en 1988, 1600 en 1989, 2300 en 1990, 2000 en 1991, 900 en 1992, 3271 en 1993 et 2618 en 1995 - l'analyse factorielle permettait de dégager des sous-groupes relativement homogènes dont l'analyse a servi à apprécier les évolutions et les permanences des attitudes et des pratiques.

Nombre d'observations

2618

Méthode de collecte

Questionnaire auto-administré, le retour se fait par courrier.

Il comporte trois grandes parties :

1) Vie sexuelle de l'enquêté :
- Auto-définition de sexualité par l'interviewé lui-même ;
- Rapports et partenaires sexuels ;
- Statut sérologique de l'interviewé ;
- Utilisation du préservatif, etc.

2) Etat de santé de l'enquêté :
- Maladies sexuellement transmissibles ;
- Test de dépistage du sida ;
- Si séropositif, suivi médical ;
- Attentes envers le gouvernement ;
- Vivre son homosexualité, etc.

3) Caractéristiques socio-démographiques de l'enquêté.