Réseau Quetelet

Enquête : Enquête Gai Pied Hebdo 1987

Série

Presse Gaie

Producteurs

  • CNRS - Centre national de la recherche scientifique
  • ADRESSE - Association pour le développement des recherches et études sociologiques, statistiques et économiques

Financement

  • DGS - Ministère des affaires sociales et de l’emploi, Direction générale de la santé
  • AFLS - Agence française de lutte contre le sida

Diffuseur

  • CDSP - Centre de données socio-politiques

Résumé

En 1985, Michael Pollak initie un programme de recherche sur les bisexuels et homosexuels face au sida. A l'époque, ceux-ci représentent la moitié des cas de sida enregistrés en France, d'où l'intérêt de collecter des informations sur leurs modes de vie en vue d'élaborer des actions de prévention qui leur soient spécifiques. A partir de 1992, suite au décès de Michael Pollack, c'est son assistante, Marie-Ange Schiltz, qui est responsable de l'enquête.

Il est important de noter qu'un groupe social minoritaire est toujours difficile à étudier, car l'on se heurte généralement à des problèmes de représentation et de taille de l'échantillon. Les homosexuels forment à l'époque un groupe social minoritaire et stigmatisé, pour lequel les critères d'appartenance ne sont pas visibles. Ces difficultés expliquent le choix de l'enquête répétée, diffusée par voie de presse, qui permet de recruter rapidement et à peu de frais un grand nombre de répondants. Cette recherche se consacre à l'étude de deux problèmes distincts, mais intimement liés, à savoir la gestion de l'identité sexuelle, socialement réprouvée, et l'inquiétude liée au risque de santé qui est renforcée par l'impuissance médicale. En effet, à l'époque, à la perception d'une déviance liée à l'orientation sexuelle était venue s'ajouter l'expérience de la séropositivité et la stigmatisation qui pouvait lui être liée. Afin de concevoir et d'évaluer une politique de prévention adaptée aux bi- et homosexuels masculins il fallait nécessairement connaître les pratiques sexuelles et les représentations sociales de cette population.

Les enquêtes Gai Pied Hebdo, puis les enquêtes Presse Gaie forment la pièce centrale de ce programme de recherche. En 1987, en période pré-électorale, la troisième enquête de la série se focalise à la fois sur le sida, mais également sur les liens entre la communauté homosexuelle et les partis politiques. L'accent est mis sur l'engagement politique de la communauté et son pouvoir éventuel de "lobby". A ces thèmes s'ajoutent celui de la vie en couple sous l'angle des difficultés sociales inhérentes à la relation homosexuelle, ainsi que les questions habituelles sur la sexualité, la maladie, les précédents en MST et les demandes de la rédaction de Gai Pied Hebdo sur les habitudes de lecture ou encore la politique.

Dates de collecte

  • - début : 07/1987
  • - fin : 08/1987

Pays

FRANCE

Couverture géographique

France

Unité d'analyse

Individus : homo- et bisexuels en France.

Univers

Lecteurs de la revue hebdomadaire Gai Pied Hebdo.

Méthode d'échantillonnage

Vouloir étudier avec précision les modes de vie d'une minorité définie par ses pratiques sexuelles se heurte à des obstacles de représentativité et de taille d'échantillons. C'est pour cela que les chercheurs ont fait le choix de passer le questionnaire par voie de presse, et notamment dans la revue homosexuelle française Gai Pied Hebdo qui, avec une vente hebdomadaire de 20 000 à 30 000 exemplaires, joignait le mieux les homosexuels provinciaux et ceux qui restait « cachés ». Cette procédure avait également l'avantage de permettre le recrutement rapide d'un grand nombre de répondants. En octobre 1992, la disparition de la revue met en péril ce système d'observation. Il en résulte un changement de support presse : le questionnaire est alors diffusé à travers un panel élargi de revues gaies. Celui-ci a ainsi été diffusé régulièrement depuis 1985.

Pour étudier à intervalles réguliers le changement sociosexuel, l'interprétation de données ainsi recueillies devait tenir compte du biais de recrutement parmi les lecteurs d'une revue spécialisée. Plus particulièrement, une telle procédure d'enquête ne permettait pas l'établissement de fréquences et de moyennes représentatives de toute la population homo- et bisexuelle masculine. Par contre, grâce au grand nombre de répondants - 1000 en 1985, 2600 en 1986, 2000 en 1987, 1700 en 1988, 1600 en 1989, 2300 en 1990, 2000 en 1991, 900 en 1992, 3271 en 1993 et 2618 en 1995 - l'analyse factorielle permettait de dégager des sous-groupes relativement homogènes dont l'analyse a servi à apprécier les évolutions et les permanences des attitudes et des pratiques.

Nombre d'observations

1225

Méthode de collecte

Questionnaire auto-administré. Le retour se fait par courrier.

En 1987, période pré-électorale, l'accent est mis, en plus du sida, sur les liens entre la communauté homosexuelle et les partis politiques avec, sous-jacent, l'engagement politique de la communauté et son éventuel pouvoir de « lobby ». La vie en couple (fermé ou ouvert) y est également abordée, sous l'angle des difficultés sociales inhérentes à la relation homosexuelle.

Le questionnaire comporte cinq parties :

- Questions introductives concernant la possession d'un minitel, les réseaux de rencontres de l'enquêté, le choix de son lieu de vacances.

1. Questions politiques :
- Positions des partis politiques sur l'homosexualité ;
- Thèmes politiques jugés importants par l'enquêté ;
- Thèmes politiques jugés importants pour la situation sociale des homosexuels ;
- Hommes et femmes politiques ;
- GPH et la politique.

2. Vie de couple :
- Situation de couple ;
- Acceptation de l'homosexualité de l'enquêté par son entourage ;
- Définition d'une relation de couple ;
- Vivre son homosexualité.

3. Vie sexuelle/sida :
- Autodéfinition de son orientation sexuelle ;
- Fréquence des rapports sexuels ;
- Santé sexuelle ;
- Nouvelles pratiques sexuelles ;
- Etat sérologique de l'enquêté ;
- Le sida et les pouvoirs publics.

4. Caractéristiques socio-démographiques de l'enquêté :
- Age, niveau d'études, sympathies politiques de l'enquêté, état civil, lieu de résidence.

5. GPH :
- Opinions concernant les espaces rédactionnels.